ET SI ON S’OCCUPAIT
des oiseaux du jardin ?

Si l’on aime voir leurs plumages et entendre leurs gazouillis au printemps, les oiseaux animent également nos jardins pendant cette période où la nature marche au ralenti. Alors que le froid s’installe et que la nourriture se raréfie, Calvados Magazine vous donne quelques conseils pour bien les nourrir et les aider à passer l’hiver.

Moineau domestique mâle – © Jacques Rivière GONm

Avoir des oiseaux dans son jardin, c’est utile !

Les oiseaux du jardin jouent un rôle crucial dans la biodiversité : ils mangent des insectes nuisibles, disséminent des graines et aident à la pollinisation des plantes. Ils contribuent donc à maintenir un bon écosystème au sein de nos jardins. Voilà donc de bonnes raisons de prendre soin d’eux et de les aider à se nourrir et à lutter contre le froid pendant cette période de l’hiver qui peut être difficile, voire fatale pour eux.

Aider les oiseaux à se nourrir : oui, mais…

L’hiver, les oiseaux se déplacent uniquement pour se nourrir et donc chercher de quoi manger pour assurer leur survie. Que ce soient les insectes, vers, baies ou graines, ils sont plus difficiles à trouver et le gel rend aussi la recherche beaucoup plus délicate. S’il apparait donc nécessaire de les aider en mettant à leur disposition de la nourriture, il est cependant indispensable de le faire en respectant quelques règles.

Priorité à l’aide naturelle

Avant de penser au nourrissage « artificiel », pensez à aménager votre jardin comme « îlot de biodiversité » et lieu d’accueil pour les oiseaux. Plus votre jardin sera naturel et plus les oiseaux aimeront y venir.
Eviter les produits phytosanitaires, désherbants chimiques, pesticides ou tue limaces, les oiseaux sont les meilleurs prédateurs de votre jardin ! Diversifiez la flore du jardin avec des plantes locales qui offrent des fruits, des baies sauvages et des graines, laissez monter les plantes, installez une ou des haies en variant les essences, plantez des arbres. Tondez moins souvent, laissez des coins de jardin (bandes, îlots) enherbées ou en « friche » et n’hésitez pas à laisser des tas de bois, de feuilles, de pierre qui attireront insectes et donc oiseaux insectivores.
Le potager est également un excellent terrain de chasse pour le Merle noir, la Grive musicienne, le Rouge-gorge familier ou les mésanges bleues et charbonnières qui se révèlent être de bons auxiliaires pour le jardinier.

Une nourriture adaptée

Il est important de ne commencer le nourrissage des oiseaux que lors des premières grandes gelées et, afin de leur éviter de dépenser de l’énergie à chercher un nouveau lieu pour s’alimenter, n’arrêtez que début mars. Il n’est ni utile ni bon de les nourrir le reste de l’année, vous risqueriez de leur faire perdre leur instinct de prédateur et de troubler leur cycle de reproduction.
Privilégiez les mangeoires silos à suspendre. Faciles à nettoyer, elles évitent aux oiseaux de souiller les graines mises à disposition et amoindrissent le risque de propager des champignons, bactéries, virus, parfois mortels. Il est important de penser à nettoyer régulièrement les mangeoires et coupelles d’eau afin d’éviter toute contamination entre les oiseaux, et de les disperser pour empêcher de trop grands rassemblements d’oiseaux au même endroit.
Les oiseaux ont des besoins importants en aliments riches en lipides. Les graines sont donc à privilégier mais il est préférable de ne pas les mélanger et d’opter pour des graines locales (tournesol, millet, avoine) ou pour du maïs concassé. Plutôt que des boules de graisse, ressortez des fruits congelés lors des mois précédents. Les pommes et poires abîmées déposées au sol raviront le Merle noir et la Grive musicienne. Vous pouvez également stocker des noix et noisettes pour les pics et la Sittelle torchepot. Attention, il ne faut jamais donner d’aliments salés ou sucrés, de biscuits, de pain ou de lait : ils peuvent générer de graves troubles digestifs pour les oiseaux. Enfin, pensez au point d’eau : les oiseaux pourront y boire et s’y nettoyer les plumes tout au long de l’année. Lorsque vous choisirez d’arrêter le nourrissage, diminuez petit à petit les doses quotidiennes d’aliments.

Pinson des arbres mâle – © Jacques Rivière GONm

Merle noir – © Jacques Rivière

Mésange bleue – © Guimouth Inne

Une dizaine d’espèces d’oiseaux sont observables dans nos jardins en hiver, découvrez les 5 espèces les plus fréquentes en Normandie :

– Le Rouge-gorge : reconnaissable à coup sûr grâce à sa poitrine et sa face rouge-orangé, à son ventre blanc-gris et à son dos, ses ailes et sa queue vert-olive, ce véritable « ambassadeur des jardins » au bec fin, typique d’un insectivore, est peu farouche, voire un brin opportuniste (il attendra un coup de bêche du jardinier dans la terre, pour venir y chasser les invertébrés). Hors des terrains boisés et des bocages, il n’hésite pas à vivre près des humains, dans les parcs et jardins !

– Le Merle noir : le mâle est très facile à reconnaître grâce à son plumage entièrement noir et à son bec jaune-orangé. La femelle lui ressemble, mais son plumage est moins foncé, plus clair sur le dessous, parfois tacheté et son bec est brun. Omnivore, il aime se nourrir au sol : par exemple, il fouille et écarte bruyamment sur le côté les feuilles mortes et débris végétaux pour dénicher les insectes.

– La Mésange bleue : Mésange la plus commune en France avec la Mésange charbonnière, elle est un petit oiseau vif, tant par ses couleurs que par son comportement, avec une livrée jaune et bleue tout à fait reconnaissable. En hiver, elle se déplace bruyamment en petits groupes de 2 ou 3, souvent accompagnée par la Mésange charbonnière, dans les arbres et haies à la recherche d’insectes.

– La Mésange charbonnière : sa calotte noire, ses joues blanches, son ventre jaune vif traversée d’une cravate noire et son dos verdâtre permettent facilement de reconnaître la plus grande de nos mésanges. Si la Mésange charbonnière et la Mésange bleue se nourrissent majoritairement de petits invertébrés au printemps et en été, elles consomment en plus grande quantité baies et graines le reste de l’année.

– Le Moineau domestique : Ce petit passereau trapu, reconnaissable à sa tête assez grosse et à son bec conique est l’un des plus connus. Le mâle arbore une large bavette noire sur la gorge et la poitrine, une calotte grise, un ventre grisâtre et un dos marron chocolat. La femelle est beaucoup plus terne, a un sourcil crème derrière l’œil, n’a pas de bavette noire et a un dos brun. Le Moineau est typiquement une espèce urbaine. Plutôt casanier, il aime vivre en communauté. Il est proche des habitations et des hommes, qui lui offrent le gîte et le couvert. Omnivore, en hiver, il consommera aussi bien des graines que des insectes.

D’autres oiseaux sont observables dans nos jardins : le Pinson des arbres, la Tourterelle turque, le Pigeon ramier, l’Accenteur mouchet, la Pie bavarde, l’Etourneau sansonnet ou le Troglodyte mignon.

VOUS AUSSI, COMPTEZ VOS OISEAUX

et participez au Grand Comptage régional des Oiseaux de Jardin organisé par le Groupe Ornithologique Normand, les 30 et 31 janvier prochains. Pas la peine d’être un expert !

Cet article a été réalisé avec l’aide de Nicolas Klatka – bénévole au Groupe Ornithologique Normand (GONm) et coordinateur du Grand Comptage des Oiseaux de Jardin en Normandie.

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