Calvados Magazine - 136 : Automne 2019

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Des Calvadosiens aux manœuvres de l’Hermione

Indispensables pour manœuvrer les voiles et assurer la bonne marche du bateau, les gabiers de l’Hermione ont parcouru, le temps d’un ou plusieurs legs, les vagues de la Manche à l’occasion du 75e anniversaire du Débarquement. Un voyage aux allures d’aventures dont certains gabiers calvadosiens ne sont pas encore tout à fait revenus.

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    « J’avais l’impression d’être dans un film »

    Alban Cabanes

    Le Caennais passionné de voile et de vieux gréements a effectué cette année son deuxième voyage sur la réplique de la frégate de La Fayette.

    « Je fais partie d’une association de vieux gréements et je veux devenir marin professionnel. Lorsque j’ai vu l’appel à candidature en 2017 pour être gabier sur l’Hermione pour le voyage en Méditerranée, j’ai répondu et j’ai été accepté. J’étais attiré et motivé par le côté historique du bateau, la pratique ancienne, le fait de tout faire à la main, d’être en groupe pendant plusieurs jours, de goûter au vrai maritime, de vivre une aventure humaine et physique… Je n’ai pas été déçu. J’ai fait une formation théorique et pratique de trois jours à Rochefort sur le site du chantier pour apprendre les cordages, les nœuds, les manœuvres, les points de tournage, les termes marins, le fonctionnement à bord, les types d’ordre… J’ai dû faire un test pour monter au mât. Quand j’ai vu l’Hermione, je me suis dit « waouh, c’est grand ! » et tout ce bois… c’était impressionnant. Je suis parti trois semaines en Méditerranée, sans escales. Monter sur les vergues et les mâts, sur la grande échelle, la nuit, manœuvrer des choses qui faisaient plusieurs tonnes au dessus de moi… Je vivais une aventure, j’avais l’impression d’être dans un film. On se retrouvait hors du temps et à huis clos avec 80 personnes, on dormait à 20 dans des dortoirs… Après cette première expédition, j’ai eu envie de recommencer et j’ai participé au voyage de cette année en Normandie durant trois semaines de navigation, avec escales. Je suis allé à Cherbourg, Dieppe, Ouistreham puis Nantes. Naviguer sur mes côtes, dans le Calvados, arriver à Ouistreham avec l’Hermione, voir ma famille m’attendre sur le quai, c’était vraiment incroyable. Il y a eu davantage de partage avec le public que l’on accueillait sur le bateau. Ce que j’ai vécu était beau et exceptionnel. Etre gabier m’a fait me sentir utile car j’ai eu l’impression de contribuer à faire vivre l’Hermione. C’est une fierté pour moi. En France, il n’y a qu’un bateau comme celui-là. C’est un endroit unique. Aujourd’hui, il y a un projet de grand voyage dans les années à venir et tant qu’il y aura des voyages, j’en ferai partie ».

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    L’Hermione fait rêver tout le monde

    Cécile Thévenin

    Marin professionnel, la jeune femme a toujours voulu travaillé sur de vieux gréements. Un rêve qu’elle a déjà réalisé deux fois sur l’Hermione.

    « J’ai su que je voulais devenir marin quand j’ai posé pour la première fois les pieds sur un bateau. J’avais 20 ans et c’était sur le Belem pour une navigation de quelques jours. Je me sentais bien dans ce rythme et j’avais l’impression d’être déconnectée de la vie. Dès lors, mon objectif a été de travailler sur des vieux gréements. Pour naviguer sur l’Hermione, je me suis formée pendant trois jours à Rochefort. C’est un bateau très complexe, une réplique de voilier du XVIIIe siècle avec les techniques de l’époque. C’est un travail à la main, plus exigeant, et les efforts sur le pont sont plus conséquents. Tout est démesuré sur ce bateau. Pour mon premier voyage sur l’Hermione en Méditerranée, je suis restée un mois à bord. C’est un bateau fantastique, un univers magique. Il y a des gens très différents à bord mais il y a une très belle cohésion d’équipe, une très bonne ambiance avec beaucoup d’entraide et partager la même passion avec d’autres personnes est vraiment formidable. On vit ensemble pour la bonne marche du bateau et on ne s’ennuie jamais. L’équipage est divisé en trois équipes qui se relaient jour et nuit pour 4 heures de travail. Chaque gabier tourne sur les trois différents postes : rondier, barreur et veilleur. Travailler sur l’Hermione est un véritable challenge et une aventure. Lorsqu’on est sur le grand mât, on éprouve une sensation de liberté infinie. On sent le vent, on écoute la mer… On est sur notre petit nuage. Cette année, pour le voyage en Normandie, il y a eu plus d’escales, des navigations plus courtes et nous avons beaucoup plus manœuvré. Il y a eu aussi beaucoup de rencontres avec le public. Ces visites nous portent et nous permettent de faire découvrir le bateau, de donner un sens au projet de l’Hermione. Ce bateau fait rêver tout le monde et nous savons que c’est un privilège, une chance d’être à son bord et nous sommes contents de faire partie de cette aventure extraordinaire même si parfois, c’est dur. Je repartirai la prochaine fois sans hésiter car j’ai encore beaucoup à apprendre de ce bateau ».

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